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lundi 19 avril 2010

Le cul de ma femme mariée - Chapitre 23

Didier de Lannoy
« Le cul de ma femme mariée », roman, Quorum, 1998...
El culo de mi mujer casada - De kont van mijn getrouwde vrouw - Evunda ya mwasi na ngai ya libala
Extraits

23


Ce que je leur ferai aux mots, comment je les ravagerai et les investirai.

Je les installerai dans des taudis infâmes (villes sinistrées, rues défoncées) (herbes folles et nids-de-poule, canettes de bière dans les caniveaux, déjections canines sur les trottoirs, sacs-poubelles abandonnés, effluves de mazout, puanteur des eaux usées) (façades léprosées, toits crevés, caves inondées), squattés par les pigeons, les hiboux et les rats (murs tagués, portes enfoncées, serrures fracturées, extincteurs vidés dans les couloirs, planchers rongés par la mérule, rampes d’escalier poisseuses, toilettes bouchées, fils électriques sectionnés, interrupteurs arrachés) (amiante floquée, matières fécales et odeurs de gaz à tous les étages) (papier peint défraîchi, tentures déchirées, vitres brisées) (fenêtres occultées par du plastique noir), entre le chemin de fer et un pont autoroutier, dans un quartier de friches industrielles, au bord du canal.

Chantiers abandonnés, tiges d’acier sortant des fondations, tôles, gravats, tessons de bouteilles, charognes en décomposition, pylones de haute tension, bandes de chiens errants, exhalaisons pestilentielles, poissons pourris, chardons, haies de ronces, bosquets, (bambous !), déchets de raffinerie de sucre, cabanes de branches, nains de jardin décapités à la batte de base-ball, poupées désarticulées, (élevage clandestin de poulettes et de jeunes coqs reproducteurs !), frigos à 3 pieds, casiers de bière vides, palettes de bois récupérées sur un chantier, boîtes de conserve éventrées, matelas défoncés, casseroles trouées (le cul noir de suie), odeurs d’éther, poumons crachés, embryons décongelés, fagots de sorcières assyriennes, caravanes pourries, carcasses de voitures désossées (avec des réservoirs encore à moitié pleins).

Baignoire rouillée au fond du jardin, tenant lieu d’abreuvoir. Grenouilles rousses et tritons, larves de moustiques (serpents corail se glissant sous un tapis de feuilles de médamier !) (à la saison sèche). Martin-pêcheurs. Hérons cendrés (montant la garde au pied des bénitiers).

Je les enfermerai. Et goulûment je les affamerai. Je ne leur laisserai rien à manger (ni écorces, ni racines, ni sauterelles) (ni orties, ni capucines) (ni lézards, ni papillons)[1].

Des tournesols (déprimés, apeurés, exsangues) creuseront les épaules, courberont la tête, tourneront le dos au soleil couchant.

Je leur imposerai 3 jours de marche dans les collines désertiques, sans vêtements adéquats ni réserves d’eau suffisantes. Quelques uns se perdront, d’autres se feront dévorer par les bêtes libres et les animaux historiques[2]. Ou mourront d’inanition, vaincus par la faim, la soif et la chaleur.

J’entrerai en collision frontale avec une horde de mots (marauds, ribaudes et mécréants) divaguant sur la grand-route (vestales, éphèbes et travestis), à la sortie du désert, de la montagne et de la jungle (drogués, épuisés, affamés) (traînant leurs baluchons) (armés de machettes et de battes de base-ball ?) (poussant des charrettes) (tenant leurs vieux en laisse) (leurs ânes et leurs chiens) (les vierges et les garçonnets) (pieds nus, ensanglantés, gonflés d’oedèmes) (couverts de poux et rongés par la gale) (des champignons à l’intérieur de la bouche) (le soutien-gorge rapiécé) (le regard vide, hébété). Des fonctionnaires hystériques, fuyant des bureaux infestés d’amiante. Des chercheurs d’or, chassés de la forêt. Des prédateurs édentés, affaiblis par la disette, peinant à capturer leurs proies ?[3] Hyènes, varans et ours polaires rodant autour de sacs-poubelles.

Je les amènerai au premier étage de l’ancien hôtel de plaisir du quai de la Fosse (ou de la rue au Lait) (ou de la rue du Ruisseau) (ou rue du Cirque) (ou de la rue du Champ du curé). Je les enduirai de crème fraîche et de yaourt maigre. Je leur interdirai de se raser et de lacer leurs chaussures.

Fouilles au corps, douche obligatoire et punitions corporelles. Palpation des cartables et des sacs à dos à l’entrée des écoles. Confiscation de 17 chèques-repas d’une valeur de 230 francs (belges) pièce. Confiscation du passeport, du permis de conduire, de la carte de visite prophylactique, du certificat de baptême et du carnet de sécurité sociale (d’une calculatrice et d’un trousseau de clés). Attouchements divers sur les parties sexuelles ou les poitrines dénudées. Simulacres d’exécution. Je leur ferai tourner des scènes de nu gratuites.

Je ne leur ferai pas l’amour à cru, dans un vrai lit. Mais sous plastique, dans des sacs de congélation ou des gants à vaisselle (les jours de fécondation, je cracherai mon sperme dans des seringues à usage unique) (ma haine et mon venin) (que je leur injecterai ensuite, méchamment!). J’allumerai un incendie de cause indéterminée.

Intempérance et flatulence ! des mots trouveront la mort en sautant par la fenêtre.

Je dresserai de faux barrages. J’arrêterai des autobus pleins de mots. Je les obligerai à descendre. Je les assiérai sur des cactus rouillés. Je leur administrerai 150 coups de canne sur la plante des pieds. Je leur écraserai mon mégot dans l’oreille. Je leur ferai ingérer de force (je leur tordrai les narines) un produit corrosif. Je leur brûlerai les voies respiratoires et digestives. Je leur appliquerai des électrodes sur les tétons, les yeux, la langue et les oreilles, l’anus, la bite et le vagin. Puis j’enverrai le jus.

Je les aspergerai de gaz lacrymogène. Je leur arracherai les lèvres avec les dents. Je les étranglerai avec une corde de guitare rouillée (un lacet de cuir ou la laisse du chien) et les égorgerai (un à un, avec sauvagerie)[4]. Je leur coulerai les pieds dans 70 kilos de ciment. Je ferai sécher leurs cadavres (sur un rocher, en plein soleil, en bordure de la mer). Je les dissoudrai dans de l’acide. Je les brûlerai ensuite et j’accrocherai leurs osselets tremblants aux plus hautes branches d’un arbre de Cocagne (vêtu de bannières et de drapeaux sacrés).

Hier, dans la nuit, je fermerai à la circulation la petite route de campagne qui donne accès à la maison des mots. De même que toutes les rues adjacentes. Je couperai la ligne téléphonique, le courant électrique, l’accès à l’ordinateur[5]. Je me tapirai dans les buissons. Vendredi, au petit matin, j’investirai la place. J’enjamberai les grilles, je cisaillerai les grillages, je défoncerai la porte à coups de hache.

Quelques mots mourront sur le champ, décapités. D’autres seront retrouvés, les mains liées derrière le dos, pendus à une écharpe (rouge) accrochée à la balançoire du jardin. Emasculés. Certains penseront pouvoir se suicider. Je les exhumerai et je les profanerai. Je fouillerai la maison des amis, des voisins. J’arracherai le foetus du ventre de la femme enceinte. Je n’épargnerai ni la grand-mère, ni l’orphelin.

De nombreuses taches de sang seront relevées à l’étage (ainsi qu’un important désordre témoignant d’une lutte violente) (armoires béantes) (tiroirs retournés) (valises éventrées) (habits éparpillés) (draps ensanglantés) (capotes déchirées) (téléviseurs fracassés).

Parfois aussi, je les laverai au savon (à l’huile d’olive) de Syrie, je les habillerai de coton du Zimbabwe, de tissus du Népal. Je leur ferai fumer des Ambassades spéciales (vendues sur le boulevard du 30 Juin ou sur le Kasavubu) (et dans la plupart des camps militaires de l’armée de Mobutu). Et ensuite, je les inviterai à danser.

Forte concentration d'amiante dans les chiottes du Vatican, on me rappelle à l’ordre, on m’invite à plus de retenue. Que je me calme, que j’écrase, que je pense à mon virus (d’après Claude Haïm, les ulcères sont d’origine virale) (a-t-il lu quelque part ?) (ou microbienne ou bactérienne), que je cesse de me faire bronzer les couilles devant le radiateur à eau:

- Atterris !



[1] Je limerai les cornes des taureaux Osborne ! Je couperai la moustache du chat Mipoposse !

[2] Des centaines de méduses rôderont en mer, à 300 mètres de la côte.

[3] Je ferai tout pour retarder l’arrivée des secours: arbres abattus, accrochage de pendus aux poteaux électriques, strip-tease d’anciens combattants et d’invalides du guerre, réunions du Conseil de sécurité, opposants passés par les armes, routes jonchées de clous à 4 têtes, expulsion des plus démunis (meubles et effets divers) (enfants, perruches bleues et canaris gris jetés à la rue), vente publique des biens saisis et mise aux enchères du pucelage de la petite Marie (on consomme sur place) (on trousse, on dévierge, on enceinte) (tout ça pour le même prix), brouillards de gaz orange.

[4] Il y aura du sang partout. Un prêtre, affolé, courra d’un corps à l’autre. Des cochons viendront rôder autour des tombes (la nuit tombée) fraîchement comblées.

[5] Je coincerai une barre en acier de 20 centimètres dans un des réacteurs de la navette spatiale affrétée par le Pape, pour son irrésistible ascension.


Le cul de ma femme mariée - Chapitre 39

Didier de Lannoy
« Le cul de ma femme mariée », roman, Quorum, 1998...
El culo de mi mujer casada - De kont van mijn getrouwde vrouw - Evunda ya mwasi na ngai ya libala
Extraits

39


3 fois dormir.

Il serait temps de se lancer dans une nouvelle aventure. Le feedback. La validation. La vérification d’hypothèses. La restitution du roman aux personnes concernées.

(On pourra visiter[1], poser des questions, formuler des suggestions) (on pourra négocier !).

Cloches des églises. Sirènes des usines. Cornes de brume des navires à quai. Fleurs et couronnes. Strass et paillettes. Myrrhe et encens. Rolls Royce Silver Shadow. Crépitement des flashes. Bourdonnement des caméras. Projecteurs de défense anti-aérienne fouillant le ciel à la recherche d’une baleine jaune en tutu de porcelaine. Battage de pieux et de palplanches. Pressage d'épaves de voitures. Herbes sèches prenant feu sous le sabot des chevaux.

Je gravis en courant (cigarette au bec) les 150 marches du grand escalier . 180 beats par minute. Black Booster. Red Bull. Caféine et Guarana. Speed et ecstasy (je jette mon biberon à la tête du pouvoir adjudicateur et de l’autorité compétente, je trépigne d’impatience, je sautille de joie dans mon fauteuil roulant !)[2].

Convocation des Etats généraux. Posters et dépliants. Espaces d’info dans les gares spatiales. Partisans mobilisés, bains de foule et accueil enthousiaste (les derniers arrivants pourront s’asseoir sur les marches). Parade de dominance, parade de séduction, parade nuptiale. Instant non exempt d’émotion. Admiratrices déchaînées arrachant les 4 boutons de ma braguette !

Les stations de radio et les chaînes de télévision interrompent leurs programmes. Les commerçants ferment leurs boutiques. Demain, 20 octobre, je soumets mon manuscrit à JPJ, dans l’état où il se trouve. Et à Claude Haïm. Et à Ouardia ? Pour un premier audit. Après, ce sera au tour de ma femme rentrée (et puis du Pape et du Président Mobutu) (de leurs attachés de presse et de leurs services de sécurité ?). Pour Monsieur Longue, il est déjà trop tard.

Jubilations ! [3]



[1] Etant entendu que les anciens combattants, les prêtres, les dignitaires de l’ordre national du Léopard, les aristocrates, les couples, les banquiers, les pédophiles psychopathes pervers non-pasteurisés, les flics et les dames d’oeuvres devront être accompagnés de 2 personnes (au moins) valides et saines d’esprit.

[2] (Selon une amie restée à mes côtés) (sur le quai de la gare de Watermael-Boitsfort) (jusqu’à la dernière minute) (avant le grand départ pour le crématorium de Wilrijk).

[3] Jeu de jambes, coups de gueule et pointe des pieds, (je me ferai prier mais) je finirai bien par imposer la lecture de tout ou partie de mon manuscrit aux (cités en vrac) (les cartes ayant été brouillées) (déjà) (comme toujours!) (par un tricheur professionnel) différents co-auteurs et complices dont j'ai, un jour ou l'autre, pu renifler le cul (et les obliger ainsi, peu à peu, à s’impliquer dans mon a-roman) énumérés ci-après (ou bien je leur envoie un bulletin de souscription ?): Claude Haïm, Lieve Bellefroid, Jean-Pierre Jacquemin (alias JPJ), Ana Lanzas (sainte patronne des Veuves), Marichelo Lopez, Bob White, Nestor Seeuws, Philibert Kagabo, Laurent Monnier, Marc Quaghebeur (rencontré sur la terrasse, 16, avenue du Comité urbain, à Kinshasa), V.Y. Mudimbe, Tabaro Tchimalamungo, Jean-Luc Vellut, Kabu Mwape et Jean Dehasse, Robert Ekofo, Claude Fandre, Marie Tumba Mundi, Jean Omasombo, Malu Fontier (et Guy Gelgessen), Ana-Lucia Valente (et Farad), Barbara Kempf, Gilbert Therville (et Christine), Pierrot Soulié, Rosa Jaën Cervera, Moseka et Thierry Dartois, Julio Braga, Marianne Berenhaut (isc) (qui acceptera de figurer en toutes lettres dans mon roman) (à condition que ça ne nuise pas à sa carrière), Jacques Simon (qui finira bien par revenir de Turquie) (ou d'ailleurs), Françoise Lambinet, Chéri Samba, Paul Frix, Pascale de Villers (qui me conseillera d’écrire les chiffres en lettres) (et les lettres en chiffres ?) (mais je tiendrai bon), Philippe Bronne, Germain Mukendi, Bruno Kasonga, Martin Nkita, Robert-et-Jackie, Nadine-et-Bernard, Annick Vilain, Cécile et Nicolas, Thomas et Rachel, Jamal Tahtah, Maria Toledo, Louis Aucoin, Lucien Bilinelli, Maguy Frimat, Renaat Devisch, Mohammed Belhouari (alias Bel), Achille F. Ngoye (le frère de son frère), Jules Emongo, Ouardia Derriche, Anne Devillé (et Philippe), Jacques Vincke, Filip De Boeck, Geneviève Gendebien (et Monique), Gauthier de Villers (qui n’a pas écrit “Panique au Zaïre”), André Ilunga Kabongo (et Adolphine), Bogumil Jeswiewicki, Monik Dierckx et Nejdet Özdemir, Bernadette Renard et François Gatambira, Kaleme Tampi et Kalala Mukinsong (Ajos !), Gaby Castel et Sabine, Henri Jouant, Ellen Corin, Joseph Chantraine, Bertrand Terlinden (32/2/646.99.82), Michel Boudon, Barly Baruti, Dieudonné Kabongo, Marc Clausse, Nicole (Gérard, Legrand, Laget), Gougoui Kangni, Benoît Verhaegen (et Guy ?), Philippe de Pierpont, Bernard Solé (marié civilement à Katrien Baeyens le 14 février), Saint Fiacre (patron des jardiniers), Saint Hermès (patron des vendeurs et des voleurs), Gilles Bibeau, Solange Vamecq, Tula Aslanidis, Monique Fodderie (et Germaine ?), Najat Tahtah, François (Weyergans, Goublot, Maréchal), Liliane Liesens, Colette Braeckman, Luz et Agnès, Bruno Maiter et Marie-Jeanne Pousseur, Denise Mputu, Ngangura Mweze, Charly Henaut, Jackie Luhahi, Mphongo Muibaki, Charles Naweji, Jean-Louis Dujardin (et Théo), Thierry Michel, Césarine Bolya (mais Sinatu, ça lui va tellement mieux !), Christine Iyofe Isasi, Kazadi Tshiamala, Antonio Lanzas, Vincent Kenis (alias Vincent X), Ima Mukakimanuka, Renaat Devisch, Paulo Carter (alias Paul Van Ackere), Anne-Françoise Mouton, Maria Koutsekidis, Henri Hockins, Gérard Van Braeckel, Catherine Vanden Bogaert, Ione Mendizabal, Olivier Engulu, Djuna Djanana (le parrain de Petit Djuna !), Jean-François Lanteri et Salimatou Niamé Keita (dite Sally), Alain Brezault, Anik Truyens, Michel-et-Odile, Pipou (Jules et Sylvain), Kungu Luziamu, Gustave Troudart Maurille (Gus !), Sylvie Nawasadio, El Hadj Kassé (Les Mamelles de Thiendella!), Jean Birara, Thérèse Mangot, René Nolevaux, Agnès Stilmant, Peter Weihs, François Okito, Olivier Le Brun, Zoltan Veress, Saïd Al Boukhari (et Azzedine), Judith Bisumbo, Michèle Lefebvre, Talbia Belhouari, Gasana Ndoba, Mwamba Bapuwa, Yves Vandevloet, Dirk Van Geystelen, Lisette et Jean-Michel (Kibushi), Violaine et Jean-Marc, Lisette Fodderie et Guy-Bernard Caddière (qui, souvent, réparent mes tuyauteries) (bouchées, rongées par la rouille) (pétant dans tous les sens, de tous côtés), Pepe et Kany, Antoinette Safu (alias Antoinette, la Tata de Teresia !) (alias Sister Act), Françoise Fonder, Juliette, Mourad et Joanna, Santiago Marcovich, François Misser et Marie-France Cros, Cornelis Nlandu, Jean-Marie Lison, Thierry Désir, Kankwenda Mbaya (Shambuyi !), John Jaïro Murillo, Pius Ngandu Nkashama, Hugues Dupriez, Philippe Piret et Elisa Ngoya, Dirk Dumon et Marie-Anne Piéva, Criso Kitenge, Jean-Pierre Walraet, Keith Allan, Roger Mazanza, Tierno Monénembo (que j'ai rencontré, un soir ou 2, chez Césarine), Paul et Jean Brutsaert, Françoise De Moor, Jean-Richard et Constant, Sam Mangwana et Dizzy Mandjeku, Mirko Popovitch, Teresita Fernandez (Pepita aussi), Martha Salazar Neuman, Mamadou Dante, Paul Emond, Nicole Letuppe (Jojotte !), Baudouin Rudahindwa, Volker Sigemund, Tshilombo mwin Tshitol, Longonya Okongo, Majid et Kader Bouadjaj, Monique Phoba, Jean Van Lierde, Mylène van der Meersch, Thérèse Verheust, Jan De Cort, Damien Munyarugendo, Jean-Marc Patras, André Ducamp et Francine Baeck, Paul Jansegers, Filip Tambwe, Claude Fandre, Roger Lila, Martine Loiseau, Mourad Samy, Renée Ngongo, Brigitte Willems, Hélène Madinda, Brunhilde Boogaerts, Nicole Bofunda, Mohammed Boukourna, Blaise et Tariq, Serge et Thomas I, Eléonore, Zoé, Linus et Thomas II, Xavier Caseneuve, Marcel de Montgolfier, Maurice Boyikasse, Chantal Mouffe, Victor Kabwe, Jacques Maes, Werner Lambersy, Polydor-Edgar Kabeya, Henri Boma et Keni Kazadi, Heïmo Claasen, Ali Kaya, Aleth Moineville, Guy Van Osselaer, Chantal Dartois, Idy Ramazani, Passyna, Sika Olangiyo (alias Dezista), Jo Jadin, Sidney Lawrence, Catherine Ambrosini (32/2/372.15.04), Hans Samyn, Walter Swennen, Daniel Derrien, Jean-Marie Lahaye (alias le Juge) (les poires de Kisangani !) (la croupe de la jument du prophète !), Joël Tournemenne, Jean-Claude Torfs, (Ticket) Biaya, Simon Yana, Sainte Zita et Sainte Rita (patronnes des bonnes et des femmes stériles).

(Et, pour de mauvaises raisons) (diverses et extrêmes, contradictoires) (je ne ferai pas) (ou n'oserai pas faire) (ou le ferai-je quand même ? leur Dieu, que c'est tentant !) (lire mon roman à) (certains parce qu’ils sont tout à fait morts et d’autres parce qu’ils sont bien vivants) (parce qu'ils sont restés là-bas et qu'on ne les voit plus jamais) (parce qu'on n'est pas du même monde !) (ou bien, tout au contraire, parce qu'on est sorti du même ventre, qu'on fréquente le même quartier, qu'on défend les mêmes causes) (parce qu'ils habitent le trou du cul du monde et qu'on a perdu leur adresse) (parce qu'on ne se connaît pas ?) (ou qu'on ne se renifle plus ?) (ou qu'on aurait trop de choses à se dire) (ou à se taire) (ou pour ne pas rire ou pour ne pas pleurer) (à cause du respekt ?) (ou parce qu'ils ont le foie fragile) (ou par avarice ordinaire, à cause du prix du timbre ?) (:Vladimir Ilitch Oulianov, Lev Davidovitch Bronstein, Ernest Mandel, Franz Fanon, Anatole et Régine Malu, André N’Kanza Dolumingu, Delphin Banza) (le capitaine Tahar Ladjel, l'abbé Shieta) (Raoul Peck, Jessie Mc Corry, Jean-Pierre Angenot, Jean-Robert Weisshaupt, Anne-Marie Maheu, Jacques Kinvi Kangni) (le général Janssens, Saint-Exupéry, Viktor Rousseau, Gilbert Cesbron et le maréchal Lyautey) (organisateur de l’exposition coloniale de Paris) (1927-1931) (Foma Ntabaswa, Longo Luasisa Bakulu, Léon Jumelle, Johan Vandendriessche, Lungosi Ntima, Kabeya Nyonga, Munzimi E Laken, Wendjo Okitandjeka, Lutele Nseka, Baruti Amissi, Ndam Kasongo, Carmen Roig, Agnès Mujinga, Mpaty, Nsoki et Mayivenga, Tumba Mutambay, Mutombo Tshipanzula, Aben Ngay, Toko, le professeur Mbulamoko Nzenge Movoambe, Wembonyama (devenu pasteur américain ?), Mbombo Kandolo, Kapiamba, Woko, Ntumba Lukunga, Claire Matumona, Ekala Bokoswa) (devenu Témoin de Jéhovah ?) (Cri-Cri, Anastase Nzeza Bilakila, Nono Tala-Ngai Elima, Polycarpe Kabeya, Gaëtan Gatarayiha Majinya, Oscar Mudiay, Gérard Buakassa, Jean-Paul Tshitenge, Elvis Mutiri, Jules Ngole, Aubert Mukendi, Dieudonné Ndeze, Mabi Mulumba, Mpanu-Mpanu Bibanda, Justin-Marie Bomboko, Kangafu Vingi Gudumbagana, Muhima, Nkubito) (Manya ou Magnat?) (Kandolo et Tshiamala) (Syms, Vuza-Ntoko, Sim-Simaro, Bodo, Oswald, Moke) (Geneviève François-Masquelin, Annie Lhoir, Josée Seya, Miguel d'Aguiar, Rolande Girard, Jan Hintjens et Karin, Henri Lebailly, Ghislain de Rincquesen, Paul Mandengue, Gérard Adam, Stany Dolenga) (collectionneur de briquets en or d'autrui) (et Chantal) (Badibanga ne Mwine, José Trussart, Michel Willems, Pierre Haffner et Sudila, Suzan Asch et Tony Da Souza, Annie Le Palec, François Belorgey, Louis Mandala Mandar et Sophie Apotha) (Théophile Tshimulamba et Donatien Makundika, Christophe Ditsava di Ngoma, Frans Deryckere et André Gielen) (la famille Rwiyereka, la famille Kalemba, la famille Kabambi, la famille Mbala, la famille Azanga, la famille Bewa, la famille Bula-Bula) (Mamen, Maman Luta, Mama Kulutu, Noko Albert) (Eliane et Jean Clette, Bernadette de Viron, Brigitte et Thierry de Lannoy) (Tanguy, Olivier, Karin) (Dorothée) (Hortence, Nadine, Eric, Djuna, Karmel et Lianja) (Viviane Mambu, Christian Tshisekedi, Cathy Paseau, Linda et Gerda, Marie-Pascale, Marie-José Engulu) (Alice) (Albert) (Stéphane, Bachir et Alexis) (Virginie et Julien, Gabriel et Dominique) (Quentin et Nathalie) (Mimi et Sandra) (Pascal Kongo et Ray Lema, maître Ngopele) (maître dans l’art de réduire les dépenses de l’Etat) (Bongeli Yeikelo ya Ato, Simon Gasibirege Rugema, Kaniki Shambuyi, Mandu Ekasi, Mbuyi Mukadi, Tambwe Dume Pongu, Babi Mbayi Ngalula, Kalele Ka-Bila, Kisangani Endanda, Longandjo Mabika, Mumba Matipa) (Lutumba Simaro, Evoloko Jocker, Lita Bembo, Bipoli, Angel Face, Makwanzi Dieudonné alias Dieudos, Baniel et Nana, Djo Maly, Champro King) (Alonzo, Amiola, Yannick Koy) (le Roi Lion !) (Bruno Lopes et Didier Morville) (alias Kool Shen et Joey Starr) (Jacques Bekaert, Bernadette Sacré, Claudine Waterlot) (et Louis Van Geyt) (Alex Wilder, Didier Buysse, Chantal Mouffe, Jean-Michel Folon, Jean-Marie Caprasse) (Daniel Locus et Tonton Arnaud) (Matsi Kalubi, Salumu Yamba-Yamba, Ngbanzo la Mangale, Ekambo Duassenge Ndundu, Suke, Kama, Nkoy-Kakese et Ngyezi Vakanda, Kapuku Mudipanu, Tshibambe Lubowa, Makashi Mathatha, Funga, Vasco Lomami) (alias Popaul) (le colonel Lonoh, le général Boteti) (Monseigneur de Hemptinne, Jean-Claude Willame et le roi Léopold II) (Michel Cattier, Jacques Fer, Maria de la Felicidad Garcia) (dite la Malibran) (morte à 28 ans) (Tharcisse Tshikaya, André Faucheur et Monsieur Longue, Anne Weyergans) (et le boucher Léon, découpant le ngulu sans enlever la couenne, comme à Kinshasa, au grand marché) (chaussée de Wavre, à Etterbeek).

Et qui lira, lira ! (et personne n’aura reçu le même texte !) (constamment réécrit).

Et on lira ce qu’on lira ! (et ça marchera plutôt bien).

(Mais ça ne marchera pas toujours ?) (surtout à Paris, dans le XIème) (à Montreuil, à Boulogne et à Bagnolet ?) (à Mantes-la-Ville).

(On ne répondra même pas ? on ne se donnera même pas la peine d’accuser réception ?) (on se permettra même de me comparer) (et de me préférer Montalban !) (waow !) (on me dira: atypique, intéressant, impubliable !) (on me dira: qui accepterait d’éditer le journal d’un curé de campagne) (ardennais rude et profond) (et des lettres anonymes adressées au soldat inconnu !) (on me dira aussi) (des rafales de mitraillette seront tirées à l’intérieur même de la parcelle) (on visera les couilles !) (: tu écris toujours la même chose, à la même personne, depuis 1959 !) (tu t’écris à toi-même !) (tu ne grandiras donc jamais ?).

Et du côté des éditeurs de romans, ce sera le bide total ! (on rêve d’être reniflé par un chineur de l’espace, on est feuilleté par un lectionnaire pressé) (rémunéré aux pièces) (et qui a peur de faire perdre du pognon à son employeur). Les éditeurs de la “littérature unique” des vieux pays seront au regret de ne pouvoir accueillir mon manuscrit dans leurs collections (on écrira: “Nous n’avons pas été sensibles à l’écriture de ce texte”, “L’auteur pense gagner de l’argent”, “Sympathique mais un peu court, comme un exercice de style”). Et me voilà réduit à ne plus pratiquer qu’un seul genre littéraire: la littérature de quartier ou le roman de proximité ? la lettre collective aux parents, amis et connaissances ? (anciens professeurs et collègues de bureau, anciennes maîtresses revisitées ?).

A partir d’aujourd’hui, je vous emmerde tous, autant que vous êtes, voyeurs, comités de lecture et personnages.

Et je continuerai d’écrire mon bouquin, rageusement, avec outrance et sans histoire ! Et je rentre à Kinshasa, fêter l’an 2.000, changer d’air et de roman. Ojala!