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lundi 19 avril 2010

Le cul de ma femme mariée - Chapitre 19

Didier de Lannoy
« Le cul de ma femme mariée », roman, Quorum, 1998...
El culo de mi mujer casada - De kont van mijn getrouwde vrouw - Evunda ya mwasi na ngai ya libala
Extraits

19


Des problèmes digestifs ? les huissiers au cul ? des douleurs récurrentes à la poitrine ? affaiblissement des muscles du plancher pelvien et pertes d'urine involontaires ? bris d'échappement ? diminution soudaine de la puissance du moteur ? gaz s'engouffrant dans l'habitacle ? obstruction des voies respiratoires, tachycardie, hémorragie cérébrale, varice oesophagique ? dégénérescence du cerveau, troubles de la mémoire et de la défécation, troubles de l’élocution, troubles de l’humeur et du comportement, troubles rénaux, troubles érectiles ? lésions irrémédiables ? intoxication alimentaire à la bactérie E.coli0157 ? mauvaise récolte, augmentation des impôts, défaite militaire, collision avec une chaise roulante du Lion'Club dans un parking de Delhaize ? gonflement des ganglions lymphatiques ? ménopause et ostéoporose? vieillissement précoce ? 2 départs d'incendie dans la salle des ordinateurs (dans la nuit du 31 décembre 1999 au 1er janvier 2000), 3 bilans consécutifs déficitaires ? fièvre et sueurs nocturnes ? tremblement des extrémités ? saillie des globes oculaires ? diarrhée persistante ? haleine détestable ? infections buccales ? échec sentimental et revers professionnel ? vols de chaises roulantes offertes par le Lion's Club de Kinshasa et meurtre des généreux donateurs ? attaque de fourgons d'hosties consacrées ? syndrome prémenstruel inconfortable ? orgasmes imprévisibles en des lieux inattendus ? écoulements verdâtres et purulents? pertes grisâtres et mousseuses (particulièrement malodorantes)?

Mais que j’arrête de gamberger, non ?

D’après Nadine (celle qui m’a fait 2 fois grand-père), Hortence (une fois seulement, 2 ans après) se trouve à Paris. Ou presque. A Bobigny. Elle reviendra mardi.

Et Ouardia ?

- Ouardia, elle est en voyage, à Montréal, Québec.

(Il serait temps aussi qu’elle se ramène, celle-là) (déjà, elle commence à nous manquer) (des Veuves comme ça, j’embauche !).

(La Belgique qui somnole au monoxyde de carbone) (et Ouardia qui milite !) (ouvre des fenêtres, bouscule, assaille).

Maréchal d’opérette chargé de régler la circulation des piétons à l’entrée de l’hôtel Métropole, comptable d’une société de nettoyage, je n’écris pas pour personne. C’est à toi que j’écris. Je voudrais que tu me séduises et que tu m’abandonnes.

- J’ai envie que tu me jettes, je voudrais que tu me gardes !

Avant de devenir complètement fou, définitivement taré, sourd, aveugle, impuissant, incontinent diurne, chiasseux chronique, je te dois une lettre. Et je veux la rendre publique. Irrévocablement.

Avant de me faire tatouer derrière l’oreille (pour retrouver le maître de l’animal), injecter une puce électronique.

Avant de me faire empoisonner, suicider, pendre (à chacun des trois arbres du square Gutenberg, en Tchétchénie), dépecer ou dissoudre.

Avant que le Royaume fédéral de Belgique ne disparaisse, pour toujours[1] !

Je te dois une belle lettre. Avant qu’ils ne s’en aperçoivent, avant que tu ne t’en aperçoives (avant de perdre le goût, l’appétit) (avant que les fusibles pètent, que les pompes se délacent).

- Mais pas le goût de toi !

(Jamais ? J’aurai toujours le goût de toi ?).

Accusé d’avoir lancé des pavés du haut du pont surplombant l’autoroute, soupçonné d’avoir participé à l’attaque d’un fourgon blindé (au cours de laquelle un convoyeur de fonds a été tué), blessé par l’explosion d’une bouteille de bière ou d’une poupée gonflable, rongé par les enzymes digestifs d’une mygale vénézuélienne, chloroformé, jeté dans le coffre d’une voiture diesel, achevé à coups d’extincteur, dévêtu, torturé, baîllonné, enchaîné à un lit d’hôpital (une menotte au poignet gauche, une autre à la cheville droite), je t’écris la bouche béante, sans défense ni protection, entièrement découvert.

Et je signerai mon roman. En toutes lettres. De mon nom propre. Comme on marque les bêtes de son troupeau. Comme un goal-keeper pisse sur les montants de son but. J’accrocherai mes amulettes aux branches (et déposerai mes étrons au pied) des arbres qui marquent les frontières de mon territoire. Pour fermer la parcelle. Par jalousie ! Je récuserai les capotes, les pseudonymes et les sosies.

Elle me dit:

- Tu es incapable de te passer de moi !

Je lui rétorque:

- Qui fétiche qui ici ?[2]

(Si ma femme blanche commence à me faire des nkisi !).

Couché sur un matelas défoncé, j’attends l’âge de la retraite. L’étouffement, la noyade, l’infarctus, l’incendie. Les rugissements de la purgation, les vagues déferlantes, les toitures emportées par la tempête. Il faudra bien que quelque chose se passe. Je dois t’écrire avant de me faire jeter aux crocodiles. Avant la crise, la grosse embrouille (le coup de sabot du chameau) (la rate qui explose et me pète dans la gueule) (le foie qui éclate) (le sang dans les urines, les poumons recrachés). Elle surviendra toujours. Tôt ou tard. (A chaud, ça sonnera faux, je n’aurai plus le ton juste) (je dois m’y prendre à temps, en dehors de toute urgence, je dois t’écrire avant). Il faut que je t’écrive avant que mes mots ne me quittent, avant que tu ne me vires, avant que je ne te plaque, avant.

Allons-y ! Je ne peux plus faire attendre mon public (qui trépigne) (attroupement d’une pensionnat de poulettes et de jeunes coqs reproducteurs, en voyage scolaire, devant un sac de maïs éventré, tombé du camion, à Mbansa Mboma, sur la route de Matadi?) (juste avant Madimba, à gauche, en venant de Kinshasa) (devant la porte entrebâillée d’un frigo infesté de cancrelats, au n°16 de l’avenue du Comité urbain, à la Gombe ?) (l’émeute !). Il faut absolument que je t’écrive avant d’être jeté dans le trou de boues fécales, parmi les serpents verts, les rats jaunes et les scorpions blêmes. Une tombe creusée à la main dans le bois de Wijnendale ou dans les dunes de Raversijde. Entouré de milliers de cafards, veules et hirsutes, gazés au Baygon, étendus sur le dos, pédalant vers le vide, désespérément.

On se pète la gueule de rire, on s’étouffe, on explose. On s’essuie les pieds sur ma bouche:

- Que tu crèves, toi ? et de quoi encore ? (ulcère de la prostate, pneumonie de l’estomac, apnée de la scoliose ?) (les tuyauteries bouchées, rongées par la rouille, qui pètent dans tous les sens, de tous côtés ?) (étranglement de narcissisme ?).Tu ne peux pas arrêter de te regarder, non ?

- D’accord, d’accord ! Et (soyons perfide) si tu nous préparais des boulettes de viande, farcies aux petits pois ? et des moules au lard fumé ?

Ma femme mariée m’assène en public (riposte immédiate et fulgurante) (contre-attaque totale et foudroyante):

- J’avais un très beau nez, t’en souviens-tu ? jusqu’à l’âge de 14 à 15 ans !

(Jusqu’à ce qu’on se connaisse ?) (avant qu’on ne s’embrasse ?) (Mwana ya 15 ans ?) (Mawa vraiment !).

Je lui réponds (il ne faut jamais laisser le dernier mot à la partie adverse), mais sans guère de talent, je veux bien l’admettre:

- Un nez, ça change, tu sais. Les mauvaises habitudes, les rhumes chroniques, les coups de boule, les points noirs, le psoriasis, les tumeurs verruqueuses.

Et puis aussi:

- Il a encore bien de la chance, ton joli petit nez, de ne pas devoir porter de grosses lunettes, à son âge[3] !

(Et puis enfin:

- Ça ne ferait pas un très bon titre pour mon bouquin, “le nez de ma femme mariée” !).

N’importe quoi ! Et si je lui disais, à ma femme mariée, que ce soir je pensais la féconder:

- Ce soir, je pense te féconder.

Elle m’enverrait à la merde, c’est sûr:

- Tu te prends pour le tringleur charmant ?

Ou bien alors, peut-être, en baillant, soupirerait-elle (soumission, dépendance et dévotion) (effacement, vertus domestiques et piété exemplaire) (comme l’agneau va au couteau)[4]:

- Bon, d’accord, viens...

Comptable d’une société de nettoyage ou héros de faits divers (4 à 9 lignes dans Le Monde), je lui ferai l’amour ou elle me fera l’amour[5], je ne sais pas. De toute façon, ce soir, nous ne le ferons pas ensemble, c’est clair!

Elle baîllera (elle fera semblant de dissimuler un baîllement), elle regardera sa montre (elle fera mine de regarder sa montre) (et d’ailleurs elle n’en pas) (moi non plus) (on vit aux crochets de l’heure des gens) et tendra l’oreille pour savoir si les pubs (après le JT de 20h) (de France 2 ou de TF1) sont déjà terminées et si le film va bientôt pouvoir commencer.

- Tu as (enfin !) fini ?

(Dans une autre vie, ailleurs, on se pelait une orange, on mâchait son chewing-gum, on se roulait un joint sur mon dos et, quand je commençais à m’essouffler, on me demandait:

- Tu as déjà versé ?).[6]

Aujourd’hui, tout l’énerve. Je lui demande de faire l’amour, ça l’énerve (il ne faut pas demander à une femme qui baîlle si elle veut bien faire l’amour). Je lui pose des questions, ça l’énerve. Je lui passe la main dans les cheveux, ça l’énerve:

- Je te vois venir, tout ce qui t’intéresse, c’est la quéquette !

- ...

- Tu me lâches, non !

Quelques jours plus tard, quand on sera à Paris, je me vengerai (lâchement). Grave ! Je déclarerai incidemment[7], que:

- Ma femme mariée est un vase d’expansion, un bidet complaisant, un dépotoir, le tout-à-l’égout d’une bande de Veuves et de Veufs (on les appelle aussi les Garçons[8]) (ou les Filles) (qui lui vomissent à longueur de bière blonde belge et de cabernet bulgare, chilien et espagnol leur trop-plein de confidences chagrines, de défoulements joyeux, de déprimes amoureuses ou de jubilations sexuelles, de fantasmes confits, de méchancetés rentrées, de passions inavouées, de frustrations perverses) (qui me détournent ma femme mariée de ses obligations conjugales !) (et me voilà tout seul au lit, à t’attendre, à t’attendre, à t’attendre).

- ...

- A t’attendre et à me branler ! Ce ne sont plus des oreilles que tu as derrière les yeux, ce sont des raclettes, des serpillières, des aspirateurs à large spectre, des filets dérivants ! Et (circonstance aggravante) tu aimes ça!

Moi, on ne m’insulte pas, on m’appelle Vieux, tout le monde me respecte !

- Ouais, on n’insulte pas les sourds ![9] (me dit-elle avec, sur sa gueule de conasse, le sourire béat de celle qui vient de se glisser dans le métro juste avant la fermeture des portes) (ou dans un ascenseur des lignes intérieures du Résidence Palace). Et si j’augmentais le volume du son, ça te rendrait plus intelligent?

Kinshasa. Le journal “Le Palmarès” a été suspendu, pour une durée indéterminée, après avoir annoncé que le Président Mobutu allait être opéré d’un cancer de la gorge:

- Propagation de fausses nouvelles !



[1] Et le franc belge, larbin du Deutsche Mark !

[2] (On enterre des oeufs dans le fond du jardin et je découvre un étron frais déposé sous ma chaise) (une signature) (un avertissement) (on égorge des poules noires et je ne retrouve plus le T-shirt avec lequel je m’essuyais les couilles) (et les rognures d’ongles que je laissais traîner sur ma table de chevet !) (les ndoki sont entrés, les ndoki sont partout !) (je sors les chats !) (les fouines, les belettes, les putois, les furets) (dans le sang, la sueur et les larmes, le sperme, la salive et les sécrétions vaginales) (après avoir eu des rapports sexuels avec ma femme mariée ?) (depuis 15 ans ?) (ou d’autres déchets humains, infestés d’acariens rigolards...).

[3] Personne n’est jeune à 30 ans ! (assène JPJ à ma femme mariée) (méchamment ?) (depuis 15 ans) (et plus).

[4] De toute manière, depuis le temps que tu me violes ! combien de fois par semaine, autant de semaines par an, depuis tellement d’années ! (me fait-elle le signe de la croix avant de traverser le fleuve Congo-Zaïre ou le boulevard périphérique de Charleroi à la nage, en minijupe et sur ses hauts talons, les fesses serrées, les yeux fermés et les mains jointes, aux heures de pointe ?).

[5] D’abord, j’enlève mes chaussettes. Je me déshabille dans le bon sens, j’ai bien retenu la leçon:

- Il n’y a rien de plus laid qu’un homme nu avec des chaussettes (noires !). Déjà qu’un homme, intrinsèquement, ce n’est pas beau !

Mais un homme nu, avec une écharpe (rouge) autour du cou, ça présente déjà mieux, non ? (ou blanche) (tombée de l’autobus ou de l'avion) (Starbus!) (entre Bruxelles-Brussel et San Valencia).

[6] La whonte ! Le sexe défait, humilié, tuméfié, il fallait bien que je réponde quelque chose à quelqu’un, quelque part (sauver la face, retomber sur ses pattes, récupérer sa mise).

Je consulte Antoinette (qui se demande, à haute voix, au milieu du salon, sur la place du village, si tous les hommes considèrent les femmes comme leurs bouteilles !) et j’ose:

- Vous prendriez-vous pour un pot de chambre, chère amie ? pour un crachoir, pour l’urinal du Pape ? (risquai-je), une éponge, une wassingue ?

(Mais ça n’arrangeait pas mon dossier) (eh !) (il faut dire que c’est très sensible ma petite bête-là !) (vraiment très susceptible).

(Quand l’écrevisse se transforme en crevette !) (et je devrais jouer du saxophone).

[7] A table. Devant Nicole et Gougoui. Devant Ima et François. Et devant une autre personne (dont je ne retrouve pas le nom) (mais qui, de toute manière, ne parlait pas le français) (mangeait de très bon appétit) (mâchait avec application).

[8] Un seul coq couvre toutes les poules. Les cerfs de moins de 5 ans ne participent pas au brame. 80% des femelles sont saillies par 20% des mâles.

[9] Le privilège de l’âge: on cesse d’être bête comme un balai, on devient sourd comme un pot.


Le cul de ma femme mariée - Chapitre 39

Didier de Lannoy
« Le cul de ma femme mariée », roman, Quorum, 1998...
El culo de mi mujer casada - De kont van mijn getrouwde vrouw - Evunda ya mwasi na ngai ya libala
Extraits

39


3 fois dormir.

Il serait temps de se lancer dans une nouvelle aventure. Le feedback. La validation. La vérification d’hypothèses. La restitution du roman aux personnes concernées.

(On pourra visiter[1], poser des questions, formuler des suggestions) (on pourra négocier !).

Cloches des églises. Sirènes des usines. Cornes de brume des navires à quai. Fleurs et couronnes. Strass et paillettes. Myrrhe et encens. Rolls Royce Silver Shadow. Crépitement des flashes. Bourdonnement des caméras. Projecteurs de défense anti-aérienne fouillant le ciel à la recherche d’une baleine jaune en tutu de porcelaine. Battage de pieux et de palplanches. Pressage d'épaves de voitures. Herbes sèches prenant feu sous le sabot des chevaux.

Je gravis en courant (cigarette au bec) les 150 marches du grand escalier . 180 beats par minute. Black Booster. Red Bull. Caféine et Guarana. Speed et ecstasy (je jette mon biberon à la tête du pouvoir adjudicateur et de l’autorité compétente, je trépigne d’impatience, je sautille de joie dans mon fauteuil roulant !)[2].

Convocation des Etats généraux. Posters et dépliants. Espaces d’info dans les gares spatiales. Partisans mobilisés, bains de foule et accueil enthousiaste (les derniers arrivants pourront s’asseoir sur les marches). Parade de dominance, parade de séduction, parade nuptiale. Instant non exempt d’émotion. Admiratrices déchaînées arrachant les 4 boutons de ma braguette !

Les stations de radio et les chaînes de télévision interrompent leurs programmes. Les commerçants ferment leurs boutiques. Demain, 20 octobre, je soumets mon manuscrit à JPJ, dans l’état où il se trouve. Et à Claude Haïm. Et à Ouardia ? Pour un premier audit. Après, ce sera au tour de ma femme rentrée (et puis du Pape et du Président Mobutu) (de leurs attachés de presse et de leurs services de sécurité ?). Pour Monsieur Longue, il est déjà trop tard.

Jubilations ! [3]



[1] Etant entendu que les anciens combattants, les prêtres, les dignitaires de l’ordre national du Léopard, les aristocrates, les couples, les banquiers, les pédophiles psychopathes pervers non-pasteurisés, les flics et les dames d’oeuvres devront être accompagnés de 2 personnes (au moins) valides et saines d’esprit.

[2] (Selon une amie restée à mes côtés) (sur le quai de la gare de Watermael-Boitsfort) (jusqu’à la dernière minute) (avant le grand départ pour le crématorium de Wilrijk).

[3] Jeu de jambes, coups de gueule et pointe des pieds, (je me ferai prier mais) je finirai bien par imposer la lecture de tout ou partie de mon manuscrit aux (cités en vrac) (les cartes ayant été brouillées) (déjà) (comme toujours!) (par un tricheur professionnel) différents co-auteurs et complices dont j'ai, un jour ou l'autre, pu renifler le cul (et les obliger ainsi, peu à peu, à s’impliquer dans mon a-roman) énumérés ci-après (ou bien je leur envoie un bulletin de souscription ?): Claude Haïm, Lieve Bellefroid, Jean-Pierre Jacquemin (alias JPJ), Ana Lanzas (sainte patronne des Veuves), Marichelo Lopez, Bob White, Nestor Seeuws, Philibert Kagabo, Laurent Monnier, Marc Quaghebeur (rencontré sur la terrasse, 16, avenue du Comité urbain, à Kinshasa), V.Y. Mudimbe, Tabaro Tchimalamungo, Jean-Luc Vellut, Kabu Mwape et Jean Dehasse, Robert Ekofo, Claude Fandre, Marie Tumba Mundi, Jean Omasombo, Malu Fontier (et Guy Gelgessen), Ana-Lucia Valente (et Farad), Barbara Kempf, Gilbert Therville (et Christine), Pierrot Soulié, Rosa Jaën Cervera, Moseka et Thierry Dartois, Julio Braga, Marianne Berenhaut (isc) (qui acceptera de figurer en toutes lettres dans mon roman) (à condition que ça ne nuise pas à sa carrière), Jacques Simon (qui finira bien par revenir de Turquie) (ou d'ailleurs), Françoise Lambinet, Chéri Samba, Paul Frix, Pascale de Villers (qui me conseillera d’écrire les chiffres en lettres) (et les lettres en chiffres ?) (mais je tiendrai bon), Philippe Bronne, Germain Mukendi, Bruno Kasonga, Martin Nkita, Robert-et-Jackie, Nadine-et-Bernard, Annick Vilain, Cécile et Nicolas, Thomas et Rachel, Jamal Tahtah, Maria Toledo, Louis Aucoin, Lucien Bilinelli, Maguy Frimat, Renaat Devisch, Mohammed Belhouari (alias Bel), Achille F. Ngoye (le frère de son frère), Jules Emongo, Ouardia Derriche, Anne Devillé (et Philippe), Jacques Vincke, Filip De Boeck, Geneviève Gendebien (et Monique), Gauthier de Villers (qui n’a pas écrit “Panique au Zaïre”), André Ilunga Kabongo (et Adolphine), Bogumil Jeswiewicki, Monik Dierckx et Nejdet Özdemir, Bernadette Renard et François Gatambira, Kaleme Tampi et Kalala Mukinsong (Ajos !), Gaby Castel et Sabine, Henri Jouant, Ellen Corin, Joseph Chantraine, Bertrand Terlinden (32/2/646.99.82), Michel Boudon, Barly Baruti, Dieudonné Kabongo, Marc Clausse, Nicole (Gérard, Legrand, Laget), Gougoui Kangni, Benoît Verhaegen (et Guy ?), Philippe de Pierpont, Bernard Solé (marié civilement à Katrien Baeyens le 14 février), Saint Fiacre (patron des jardiniers), Saint Hermès (patron des vendeurs et des voleurs), Gilles Bibeau, Solange Vamecq, Tula Aslanidis, Monique Fodderie (et Germaine ?), Najat Tahtah, François (Weyergans, Goublot, Maréchal), Liliane Liesens, Colette Braeckman, Luz et Agnès, Bruno Maiter et Marie-Jeanne Pousseur, Denise Mputu, Ngangura Mweze, Charly Henaut, Jackie Luhahi, Mphongo Muibaki, Charles Naweji, Jean-Louis Dujardin (et Théo), Thierry Michel, Césarine Bolya (mais Sinatu, ça lui va tellement mieux !), Christine Iyofe Isasi, Kazadi Tshiamala, Antonio Lanzas, Vincent Kenis (alias Vincent X), Ima Mukakimanuka, Renaat Devisch, Paulo Carter (alias Paul Van Ackere), Anne-Françoise Mouton, Maria Koutsekidis, Henri Hockins, Gérard Van Braeckel, Catherine Vanden Bogaert, Ione Mendizabal, Olivier Engulu, Djuna Djanana (le parrain de Petit Djuna !), Jean-François Lanteri et Salimatou Niamé Keita (dite Sally), Alain Brezault, Anik Truyens, Michel-et-Odile, Pipou (Jules et Sylvain), Kungu Luziamu, Gustave Troudart Maurille (Gus !), Sylvie Nawasadio, El Hadj Kassé (Les Mamelles de Thiendella!), Jean Birara, Thérèse Mangot, René Nolevaux, Agnès Stilmant, Peter Weihs, François Okito, Olivier Le Brun, Zoltan Veress, Saïd Al Boukhari (et Azzedine), Judith Bisumbo, Michèle Lefebvre, Talbia Belhouari, Gasana Ndoba, Mwamba Bapuwa, Yves Vandevloet, Dirk Van Geystelen, Lisette et Jean-Michel (Kibushi), Violaine et Jean-Marc, Lisette Fodderie et Guy-Bernard Caddière (qui, souvent, réparent mes tuyauteries) (bouchées, rongées par la rouille) (pétant dans tous les sens, de tous côtés), Pepe et Kany, Antoinette Safu (alias Antoinette, la Tata de Teresia !) (alias Sister Act), Françoise Fonder, Juliette, Mourad et Joanna, Santiago Marcovich, François Misser et Marie-France Cros, Cornelis Nlandu, Jean-Marie Lison, Thierry Désir, Kankwenda Mbaya (Shambuyi !), John Jaïro Murillo, Pius Ngandu Nkashama, Hugues Dupriez, Philippe Piret et Elisa Ngoya, Dirk Dumon et Marie-Anne Piéva, Criso Kitenge, Jean-Pierre Walraet, Keith Allan, Roger Mazanza, Tierno Monénembo (que j'ai rencontré, un soir ou 2, chez Césarine), Paul et Jean Brutsaert, Françoise De Moor, Jean-Richard et Constant, Sam Mangwana et Dizzy Mandjeku, Mirko Popovitch, Teresita Fernandez (Pepita aussi), Martha Salazar Neuman, Mamadou Dante, Paul Emond, Nicole Letuppe (Jojotte !), Baudouin Rudahindwa, Volker Sigemund, Tshilombo mwin Tshitol, Longonya Okongo, Majid et Kader Bouadjaj, Monique Phoba, Jean Van Lierde, Mylène van der Meersch, Thérèse Verheust, Jan De Cort, Damien Munyarugendo, Jean-Marc Patras, André Ducamp et Francine Baeck, Paul Jansegers, Filip Tambwe, Claude Fandre, Roger Lila, Martine Loiseau, Mourad Samy, Renée Ngongo, Brigitte Willems, Hélène Madinda, Brunhilde Boogaerts, Nicole Bofunda, Mohammed Boukourna, Blaise et Tariq, Serge et Thomas I, Eléonore, Zoé, Linus et Thomas II, Xavier Caseneuve, Marcel de Montgolfier, Maurice Boyikasse, Chantal Mouffe, Victor Kabwe, Jacques Maes, Werner Lambersy, Polydor-Edgar Kabeya, Henri Boma et Keni Kazadi, Heïmo Claasen, Ali Kaya, Aleth Moineville, Guy Van Osselaer, Chantal Dartois, Idy Ramazani, Passyna, Sika Olangiyo (alias Dezista), Jo Jadin, Sidney Lawrence, Catherine Ambrosini (32/2/372.15.04), Hans Samyn, Walter Swennen, Daniel Derrien, Jean-Marie Lahaye (alias le Juge) (les poires de Kisangani !) (la croupe de la jument du prophète !), Joël Tournemenne, Jean-Claude Torfs, (Ticket) Biaya, Simon Yana, Sainte Zita et Sainte Rita (patronnes des bonnes et des femmes stériles).

(Et, pour de mauvaises raisons) (diverses et extrêmes, contradictoires) (je ne ferai pas) (ou n'oserai pas faire) (ou le ferai-je quand même ? leur Dieu, que c'est tentant !) (lire mon roman à) (certains parce qu’ils sont tout à fait morts et d’autres parce qu’ils sont bien vivants) (parce qu'ils sont restés là-bas et qu'on ne les voit plus jamais) (parce qu'on n'est pas du même monde !) (ou bien, tout au contraire, parce qu'on est sorti du même ventre, qu'on fréquente le même quartier, qu'on défend les mêmes causes) (parce qu'ils habitent le trou du cul du monde et qu'on a perdu leur adresse) (parce qu'on ne se connaît pas ?) (ou qu'on ne se renifle plus ?) (ou qu'on aurait trop de choses à se dire) (ou à se taire) (ou pour ne pas rire ou pour ne pas pleurer) (à cause du respekt ?) (ou parce qu'ils ont le foie fragile) (ou par avarice ordinaire, à cause du prix du timbre ?) (:Vladimir Ilitch Oulianov, Lev Davidovitch Bronstein, Ernest Mandel, Franz Fanon, Anatole et Régine Malu, André N’Kanza Dolumingu, Delphin Banza) (le capitaine Tahar Ladjel, l'abbé Shieta) (Raoul Peck, Jessie Mc Corry, Jean-Pierre Angenot, Jean-Robert Weisshaupt, Anne-Marie Maheu, Jacques Kinvi Kangni) (le général Janssens, Saint-Exupéry, Viktor Rousseau, Gilbert Cesbron et le maréchal Lyautey) (organisateur de l’exposition coloniale de Paris) (1927-1931) (Foma Ntabaswa, Longo Luasisa Bakulu, Léon Jumelle, Johan Vandendriessche, Lungosi Ntima, Kabeya Nyonga, Munzimi E Laken, Wendjo Okitandjeka, Lutele Nseka, Baruti Amissi, Ndam Kasongo, Carmen Roig, Agnès Mujinga, Mpaty, Nsoki et Mayivenga, Tumba Mutambay, Mutombo Tshipanzula, Aben Ngay, Toko, le professeur Mbulamoko Nzenge Movoambe, Wembonyama (devenu pasteur américain ?), Mbombo Kandolo, Kapiamba, Woko, Ntumba Lukunga, Claire Matumona, Ekala Bokoswa) (devenu Témoin de Jéhovah ?) (Cri-Cri, Anastase Nzeza Bilakila, Nono Tala-Ngai Elima, Polycarpe Kabeya, Gaëtan Gatarayiha Majinya, Oscar Mudiay, Gérard Buakassa, Jean-Paul Tshitenge, Elvis Mutiri, Jules Ngole, Aubert Mukendi, Dieudonné Ndeze, Mabi Mulumba, Mpanu-Mpanu Bibanda, Justin-Marie Bomboko, Kangafu Vingi Gudumbagana, Muhima, Nkubito) (Manya ou Magnat?) (Kandolo et Tshiamala) (Syms, Vuza-Ntoko, Sim-Simaro, Bodo, Oswald, Moke) (Geneviève François-Masquelin, Annie Lhoir, Josée Seya, Miguel d'Aguiar, Rolande Girard, Jan Hintjens et Karin, Henri Lebailly, Ghislain de Rincquesen, Paul Mandengue, Gérard Adam, Stany Dolenga) (collectionneur de briquets en or d'autrui) (et Chantal) (Badibanga ne Mwine, José Trussart, Michel Willems, Pierre Haffner et Sudila, Suzan Asch et Tony Da Souza, Annie Le Palec, François Belorgey, Louis Mandala Mandar et Sophie Apotha) (Théophile Tshimulamba et Donatien Makundika, Christophe Ditsava di Ngoma, Frans Deryckere et André Gielen) (la famille Rwiyereka, la famille Kalemba, la famille Kabambi, la famille Mbala, la famille Azanga, la famille Bewa, la famille Bula-Bula) (Mamen, Maman Luta, Mama Kulutu, Noko Albert) (Eliane et Jean Clette, Bernadette de Viron, Brigitte et Thierry de Lannoy) (Tanguy, Olivier, Karin) (Dorothée) (Hortence, Nadine, Eric, Djuna, Karmel et Lianja) (Viviane Mambu, Christian Tshisekedi, Cathy Paseau, Linda et Gerda, Marie-Pascale, Marie-José Engulu) (Alice) (Albert) (Stéphane, Bachir et Alexis) (Virginie et Julien, Gabriel et Dominique) (Quentin et Nathalie) (Mimi et Sandra) (Pascal Kongo et Ray Lema, maître Ngopele) (maître dans l’art de réduire les dépenses de l’Etat) (Bongeli Yeikelo ya Ato, Simon Gasibirege Rugema, Kaniki Shambuyi, Mandu Ekasi, Mbuyi Mukadi, Tambwe Dume Pongu, Babi Mbayi Ngalula, Kalele Ka-Bila, Kisangani Endanda, Longandjo Mabika, Mumba Matipa) (Lutumba Simaro, Evoloko Jocker, Lita Bembo, Bipoli, Angel Face, Makwanzi Dieudonné alias Dieudos, Baniel et Nana, Djo Maly, Champro King) (Alonzo, Amiola, Yannick Koy) (le Roi Lion !) (Bruno Lopes et Didier Morville) (alias Kool Shen et Joey Starr) (Jacques Bekaert, Bernadette Sacré, Claudine Waterlot) (et Louis Van Geyt) (Alex Wilder, Didier Buysse, Chantal Mouffe, Jean-Michel Folon, Jean-Marie Caprasse) (Daniel Locus et Tonton Arnaud) (Matsi Kalubi, Salumu Yamba-Yamba, Ngbanzo la Mangale, Ekambo Duassenge Ndundu, Suke, Kama, Nkoy-Kakese et Ngyezi Vakanda, Kapuku Mudipanu, Tshibambe Lubowa, Makashi Mathatha, Funga, Vasco Lomami) (alias Popaul) (le colonel Lonoh, le général Boteti) (Monseigneur de Hemptinne, Jean-Claude Willame et le roi Léopold II) (Michel Cattier, Jacques Fer, Maria de la Felicidad Garcia) (dite la Malibran) (morte à 28 ans) (Tharcisse Tshikaya, André Faucheur et Monsieur Longue, Anne Weyergans) (et le boucher Léon, découpant le ngulu sans enlever la couenne, comme à Kinshasa, au grand marché) (chaussée de Wavre, à Etterbeek).

Et qui lira, lira ! (et personne n’aura reçu le même texte !) (constamment réécrit).

Et on lira ce qu’on lira ! (et ça marchera plutôt bien).

(Mais ça ne marchera pas toujours ?) (surtout à Paris, dans le XIème) (à Montreuil, à Boulogne et à Bagnolet ?) (à Mantes-la-Ville).

(On ne répondra même pas ? on ne se donnera même pas la peine d’accuser réception ?) (on se permettra même de me comparer) (et de me préférer Montalban !) (waow !) (on me dira: atypique, intéressant, impubliable !) (on me dira: qui accepterait d’éditer le journal d’un curé de campagne) (ardennais rude et profond) (et des lettres anonymes adressées au soldat inconnu !) (on me dira aussi) (des rafales de mitraillette seront tirées à l’intérieur même de la parcelle) (on visera les couilles !) (: tu écris toujours la même chose, à la même personne, depuis 1959 !) (tu t’écris à toi-même !) (tu ne grandiras donc jamais ?).

Et du côté des éditeurs de romans, ce sera le bide total ! (on rêve d’être reniflé par un chineur de l’espace, on est feuilleté par un lectionnaire pressé) (rémunéré aux pièces) (et qui a peur de faire perdre du pognon à son employeur). Les éditeurs de la “littérature unique” des vieux pays seront au regret de ne pouvoir accueillir mon manuscrit dans leurs collections (on écrira: “Nous n’avons pas été sensibles à l’écriture de ce texte”, “L’auteur pense gagner de l’argent”, “Sympathique mais un peu court, comme un exercice de style”). Et me voilà réduit à ne plus pratiquer qu’un seul genre littéraire: la littérature de quartier ou le roman de proximité ? la lettre collective aux parents, amis et connaissances ? (anciens professeurs et collègues de bureau, anciennes maîtresses revisitées ?).

A partir d’aujourd’hui, je vous emmerde tous, autant que vous êtes, voyeurs, comités de lecture et personnages.

Et je continuerai d’écrire mon bouquin, rageusement, avec outrance et sans histoire ! Et je rentre à Kinshasa, fêter l’an 2.000, changer d’air et de roman. Ojala!